Gestion de projet

Comment gérer un projet efficacement ? Voici quelques ressources qui m’ont aidé sur mon chemin (vous noterez au passage que les couvertures sont ultra-moches, probablement un gage de qualité dans le domaine).

Pour qu’une organisation soit efficace, il faut que certains salariés soient payés à ne rien faire une partie de leur temps. Cette analyse totalement contre-intuitive nous vient de la théorie des contraintes, qui stipule que dans tout système, il existe un goulot d’étranglement (la fameuse contrainte) et un seul. Le rôle du gestionnaire du système est d’identifier ce goulot et de l’optimiser pour augmenter la productivité du système. Les gestionnaires qui essaient de tout optimiser (par exemple en incitant tout le monde à travailler 100% de leur temps de travail) n’ont rien compris. Cette analyse est introduite dans un roman intitulé Le But d’Eliyahu Goldratt, dans lequel un gestionnaire d’usine a 6 mois pour redresser une situation financière catastrophique. Il découvre alors (coup de bol !) la théorie des contraintes et se met à en expérimenter les principes. Ce n’est pas de la grande littérature, mais le format est amusant et permet d’introduire des concepts assez complexes de manière ludique. Et surtout, c’est un chamboulement complet dans la manière d’envisager le fonctionnement d’un groupe !

Quand vous estimez le temps qu’il vous faudra pour réaliser une tâche, est-ce que vous utilisez un nombre ? Par exemple … « 2 jours » ? Si oui, vous faites une erreur grossière, comme la plupart des gens (et des chefs de projets). En réalité, une estimation est plutôt une probabilité distribuée selon un axe : « 20% de chance que cette tâche prenne 2 jours, 60% qu’elle prenne entre 3 et 5 jours »). Une fois qu’on a compris ce principe, on ne peut plus envisager l’estimation de la même manière. Et cela remet en cause toutes les méthodes de gestion de projet qui se basent sur la notion d’estimation : Gantt, Scrum, etc. A lire dans Critical Chain, du même Goldratt.

Dans ses romans, Goldratt introduit un processus qu’il appelle le Logical Thinking Process, mais il n’en parle jamais vraiment en détail (il gardait ça pour ses clients en consulting). Heureusement, un autre auteur, William Dettmer, a détaillé l’ensemble du processus dans un livre qui a été pour moi absolument déterminant : The Logical Thinking Process : A Systems Approach to Complexe Problem Solving. Ce livre explique comment comprendre et représenter des situations complexes, comment les expliquer aux gens, et comment changer les choses. Je l’utilise au quotidien dans les problématiques de conception produit, d’analyse des besoins, de management, de coaching, de gestion de projet… Si je devais recommander une seule technique à apprendre, une arme secrète, ça serait celle là (à noter : très peu de gens la connaissent).

Enfin, comment parler de la gestion de projet sans parler de l’agilité ? Je vois sur le sujet un certain nombres de limites qui sont liées notamment à la phase de conception (sans parler de la problématique de l’estimation exposée plus haut). J’ai exposé ces limites dans un long thread sur twitter et j’ai plutôt été convaincu par l’analyse de Ryan Singer de Basecamp (lire Running in Circles), et par leur méthodologie projet détaillée dans une série de vidéos (à noter, il est en train d’écrire un livre sur le sujet).

Gestion de produit

En terme de gestion de produit et de design, j’ai compris de nombreuses choses en lisant le livre When Coffee & Kale Compete, à propos des Jobs-To-Be-Done. Mon déclic a eu lieu quand j’ai compris qu’un produit n’était rien d’autre que quelque chose qui aidait quelqu’un à avancer dans sa vie — et que les gens ne cessaient d’évoluer dans leur vie. De cette compréhension (super bateau, je le reconnais !) a découlé tout un ensemble de choses qui ont remis à plat ce que je pensais savoir de la gestion de produit. A compléter par la lecture de Competing Against Luck de Clayton Christensen’s, sur le même sujet.

Crossing the Chasm est indispensable comprendre les produits « innovants ». L’auteur y étudie l’évolution de l’adoption des produits technologiques, notamment en fonction du profil psychologiques des acheteurs (c’est de là que vient la notion d’early adopter). Comprendre où se situer son produit permet ainsi de développer les fonctionnalités ou le marketing qui lui est adapté.

Dans la même veine, The Innovator’s Dilemma de Clayton Christensen permet de comprendre pourquoi et comment les produits innovants arrivent à détrôner les mastodontes du marché. La réponse : on servant de manière très qualitative un sous-segment actuellement mal servi par les dinosaures en place.