Psychologie

Est-ce que vous croyez au libre-arbitre ? Est-ce que vous pensez être maître de vos décisions ? Et d’ailleurs, c’est qui ce « moi » dont on parle ? Dans ce très court livre, Susan Blackmore étudie ce qu’est la conscience et explique que l’état de l’art scientifique ne laisse pas vraiment de doute : nos pensées et nos actions ne sont pas déterminées par notre volonté consciente, mais par des causes sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle — cela va bien sûr à l’encontre de nos propres impressions, ce qui rend la chose difficile à admettre (sauf pour les bouddhistes, qui ont compris ça il y a + de 2500 ans). Voir aussi mon thread twitter sur le sujet

A compléter par la lecture Free Will de Sam Harris, qui explore notamment les conséquences morales de cette « découverte ».

D’une manière plus classique, Viktor Frankl étudie le sens de la vie. Si vous donnez du sens à votre vite, dit-il, vous pouvez surmonter n’importe quoi. Il a eu cette prise de conscience alors qu’il observait les siens mourir et survivre à Auschwitz. Lui-même a survécu pour livrer au monde son livre Man’s Search for Meaning, à partir duquel il établira la discipline de la logothérapie (la thérapie du sens).

Mais la psychologie, ce n’est pas seulement sa vie intérieure, c’est aussi la relation qu’on entretien avec les autres… On pense souvent qu’il faut entretenir des bonnes relations avec les autres, mais justement c’est peut-être un piège.

Si on souhaite être aimé par tout le monde, cela veut dire qu’on doit se conformer aux attentes de tous. Donc on ne peut pas être libre. Pour être heureux, il faut donc avoir le courage de ne pas être aimé. Il faut accepter que d’autres soient gênés par nos actions, par nos modes de pensés. The Courage To Be Disliked présente les théories d’Alfred Adler, l’un des trois grands psychologues du XXème siècle avec Freud et Jung en utilisant un format bien senti pour présenter des théories contre-intuitives : celui d’un dialogue socratique entre un philosophe et son étudiant.

Dans la vision Adlérienne, les traumatismes sont en réalité des excuses dont on se sert pour ne pas avoir à se confronter à une réalité déplaisante. Le comportement actuel d’un patient est ainsi étudié en observant l’objectif qu’il lui permet d’atteindre : si j’ai vécu un traumatisme dans mon enfance (d’humiliation, par exemple) je développe une timidité maladive qui me permet de ne pas revivre cet épisode. La réparation se situe donc dans la prise de conscience de cet objectif, et dans le souhait sincère de le dépasser. Et pour cela, il faut avoir le courage de s’y confronter.

Ce courage se développe notamment quand on découvre qu’on n’agit pas conformément à ses valeurs, à ce qu’on estime être juste. Quand on est en tel décalage (bien souvent car on souhaite se conformer à ce que les autres attendent de nous), on développer une faible estime de soit, qui est probablement le sujet central de la psychologie. Attention à la nuance : le désir d’être compris est normal et sain, mais le désir d’être validé ne l’est pas s’il mène à une trahison de sa propre intégrité. Dans Honoring the Self, le psychologue Nathaniel Branden étudie le sujet en profondeur, en distinguant notamment l’estime de soit (le respect qu’on se porte à soi-même) et la confiance en soit (la capacité qu’on pense avoir pour résoudre des problèmes, pour avancer).

Un autre élément central en psychologie est de comprendre qu’il est possible de changer. Le cerveau peut se reconfigurer. La psychologue Carel Dweck a notamment étudié la manière dont les individus qui croyaient en leur capacité à changer étaient effectivement capable de changer pour s’adapter aux situations que la vie leur amenait, là où les autres ont tendance à abandonner avant que leur cognition n’ait pu évoluer. Je vous recommande à ce sujet le visionnage de son TED Talk.